Levinas: Auschwitz et la révolution

« Je ne pense pas qu’on doive définir la révolution d’une manière purement formelle, par la violence ou par le renversement d’un ordre donné. Je ne pense même pas qu’il suffise de la définir par l’esprit de sacrifice. Il y eut beaucoup d’esprit de sacrifice dans les rangs de ceux qui suivirent Hitler. Il faut définir la révolution par son contenu, par les valeurs: il y a révolution là où on libère l’homme, c’est-à-dire là où l’on l’arrache au déterminisme économique.

(…)

L’injustice sociale et toutes les formes de l’exploitation ne seraient que l’euphémisme du meurtre (…) Il n’y aurait pas de différence radicale entre la paix et Auschwitz »

Emmanuel Levinas: Du sacré au saint, Editions de Minuit, 1977, p. 24 et 174.

Publié par

Didier Durmarque

Didier Durmarque est professeur de philosophie en Normandie.
Il est l’auteur de plusieurs livres, dont la plupart sont des approches de la question de la Shoah. Moins que rien (2006), La Liseuse (2012) sont des approches littéraires et romanesques de la question du néant, de l’identité et de la culture à partir de la Shoah. Philosophie de la Shoah (2014) constitue la tentative de faire de la Shoah un principe de la philosophie à l’image du cogito de Descartes ou du Dasein chez Heidegger.

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