Presse

A propos de “Enseigner la Shoah”

 

« Le nouvel ouvrage de Didier Durmarque, Enseigner la Shoah, continue d’approfondir une question encore trop souvent reléguée aux méthodologies frileuses et entreprend de regarder la Shoah non plus comme un événement précis qui serait délimité dans le temps historique, mais plutôt comme un problème universel résolument débordant, voire déferlant, qui permet de faire voir un visage canonique de la modernité et un état particulier de la raison humaine (…) À cet égard, Didier Durmarque propose un double enjeu philosophique : d’abord il faut se demander par quel biais enseigner la Shoah en classe, comment travailler cette catastrophe avec le meilleur esprit critique, et l’auteur, pour cela, prend soin de surmonter les arguments classiques qui résument d’ordinaire cet enseignement à une pure leçon de morale ou à une liste d’explications orthodoxes; ensuite il faut se demander «ce que la Shoah enseigne» (2), en l’occurrence ce qu’elle nous apprend de nous-mêmes et des configurations du monde qui se sont développées après les ténèbres de la Seconde Guerre mondiale (…) Le nouveau livre de Didier Durmarque constitue ainsi un détour obligatoire, une tentative patiente pour élaborer un savoir sur la Shoah, à l’image de Socrate rebroussant chemin dans un dialogue afin de mieux relancer la discussion, par opposition par exemple à l’impatience du jeune Alcibiade qui ne sait pas encore ce que savoir veut dire. « 

L’Humanité, 10 mars 2017. « Retour au livre et à l’un de ses éminents spécialistes, avec Didier Durmarque, et son dernier ouvrage, Enseigner la Shoah (UPPR Éditions, 2016). « Ce projet, écrit l’auteur, naît d’un constat et d’un paradoxe suraigu : il n’y a jamais eu autant d’informations, de documentaires, parfois de grande qualité, autour de la Shoah. Simultanément, force est de constater que cette inflation informationnelle se heurte à la concurrence des souffrances, concurrence victimaire qui rend quasiment inaudible une approche purement historique de la Shoah. Comment dépasser cette surdité qui fait de la Shoah un problème seulement pour les juifs ? Comment montrer que la Shoah est un modèle de modernité, un paradigme, diraient les scientifiques, pour penser l’ici et maintenant ? » Durmarque n’en reste pas à une approche philosophique, bien qu’essentielle. Il décrit, de façon didactique, factuelle, les éléments techniques et administratifs de l’extermination. »

  • “La Shoah n’est pas un accident de l’histoire” par Noémie Halioua

Actualité juive, 17 mars 2017.

« La Shoah annonce la modernité dans ce qu’elle donne à voir de la raison. La Shoah peut apparaître, en effet, comme une rationalisation à outrance des moyens (de destruction) indépendamment de la fin visée, odieuse, inimaginable, la destruction des Juifs d’Europe. L’Occident pense aujourd’hui une conception identique de la raison, comme rationalité pure, à l’antipode des autres sens de la raison, le raisonnable et le relationnel. Il ne faut pas croire que la Shoah est un accident de l’histoire, elle se déploie à partir d’un racisme biologique, présent bien avant le nazisme, et s’effectue à partir d’une conception moderne de l’Etat. Par exemple, plus de 300 lois, concernant le statut des Juifs, sont votées, de 1933 à 1938. La Shoah est le seul génocide de l’histoire de l’humanité où l’on construit juridiquement l’objet que l’on va détruire, dans la définition nazie de ce qu’est être juif. »

 

  • “La Shoah au scanner de la philo”

Paris Normandie,  22 février 2017

A propos de “Philosophie de la Shoah”

L’Humanité, 27 novembre 2015.

« La lecture de Philosophie de la Shoah, de Didier Durmarque (L’Âge d’homme, 2015) nous invite, d’ailleurs, à ne pas considérer la Shoah comme un événement fini, simplement historique, dépassé, mais comme un « problème » métaphysique à jamais posé à l’homme, à la modernité et au langage. Ce « hurlement d’abandon de l’homme par l’homme » connaît, hélas, d’incessants avatars. Redire encore et encore, comment l’extermination des juifs a été le fruit de la raison instrumentale. »

« Il faudrait en fait y consacrer bien plus que quelques leçons, peut-être une année entière, pour commencer à travailler la Shoah non plus comme un événement circonscrit, mais plutôt, par exemple et tel que le propose Didier Durmarque, comme l’occasion de formuler un problème qui puisse interroger l’être même de l’humanité, posant que le camp de concentration apparaît moins comme un phénomène intempestif que comme l’accomplissement d’une forme culturelle, c’est-à-dire, à cette époque, la forme même de la modernité. »

 

  » Ainsi, il nous sera interdit de désespérer de la philosophie, de sa démarche de penser la Shoah comme problème, comme l’a voulu Didier Durmarque. »

« Après Hannah Arendt, Didier Durmarque ose relever le défi de ce point nodal du XXème siècle et de l’humanité entière »

 

 « Didier Durmarque, philosophe de la Shoah rappelle dans son ouvrage Philosophie de la shoah, le cas d’un autre médecin, français cette fois, qui a aussi lutté grâce à sa profession en refusant de participer aux expérimentations que lui avaient demandées les nazis. «Cela nous montre que la technique peut être un moyen au service d’une fin quand il y a une conscience de l’individu» ajoute le philosophe. »
 » Tout compte fait fait, estime l’auteur au bout de sa réflexion, Philosophie et Shoah ne sont pas en contradiction dans les termes, mais constituent même un pléonasme. »

« À lire Philosophie de la Shoah, une question taraude l’esprit et la chair : la Solution finale comme le prolongement d’un Taylorisme – le travail à la chaîne – appliqué à l’éradication des enfants, femmes et hommes conduits dans les camps de la mort pour y périr. »

 

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