Obéissance à l’autorité: la question du conformisme (encore)

Je le répète: le monde acquiesçait au rang que les Allemands nous avaient assigné, le petit monde du camp et le grand monde du dehors qui n’élevait ses protestations héroïques que dans des cas exceptionnellement rares quand on venait nous sortir de nos demeures en pleine nuit à Vienne ou à Berlin, à Paris ou à Bruxelles.… Lire la suite.....

Le discours comme communication: nazisme et modernité

Ce qui est populaire, c’est le concret; plus un discours s’adresse aux sens, moins il s’adresse à l’intellect, plus il est populaire. Il franchit la frontière qui sépare la popularité de la démagogie ou de la séduction d’un peuple dès lors qu’il passe délibérément du soulagement de l’intellect à sa mise hors-circuit et à son engourdissement.… Lire la suite.....

Les raisons de la haine et la question du conformisme (3)

Dans un pareil monde, je le crains, les gouvernements modernes qui souhaitent commettre un meurtre collectif échoueront rarement  dans leurs efforts par incapacité à amener des « hommes ordinaires » à devenir leurs « bourreaux volontaires. »

 

Christopher R. Browning: Des hommes ordinaires, le 101ème bataillon de la police allemande et la Solution finale en Pologne.… Lire la suite.....

Quand Primo Levi nous parlait

Si c’est un homme

Vous qui vivez en toute quiétude

Bien au chaud dans vos maisons,

Vous qui trouvez le soir en rentrant

La table mise et des visages amis,

Considérez si c’est un homme

Que celui qui peine dans la boue,

Qui ne connaît pas de repos,

Qui se bat pour un quignon de pain,

Qui meurt pour un oui ou pour un non.… Lire la suite.....

Torah, Shoah et la question de Dieu.

Les Sonderkommandos avaient un kapo juif, ou peut-être pas un kapo, mais un grand bonhomme jouissant de l’autorité d’un homme instruit dans la Torah, que tout le monde tenait pour un maître, un chef, solide comme un roc.

(J’imaginai un homme sombre, baraqué, un « roc de sécurité », le plus souvent silencieux et taciturne, mais répondant aux questions de ceux qui le vénéraient et séjournaient avec lui dans la ténèbre et le la lueur du feu des crématoires.)

Ils lui posèrent ces questions, aussi, et cette question-là, alors, à l’époque même de la Métropole de la Mort dans sa « gloire » – « Où est Dieu? … Lire la suite.....

La Shoah: industrie tranquille ou sadisme?

Lorsque le commandant du camp ou d’autres responsables SS se montraient dans le secteur du crématoire, Moll savait réprimer ses monstrueux instincts. La machinerie de la mort fonctionnait alors sous son régime industriel habituel d’exploitation, sans excès aberrants.

Filip Müller: Trois ans dans une chambre à gaz d’Auschwitz, Pygmalion, 2008, p.… Lire la suite.....