La chambre à gaz et l’humanité effondrée

Chère lectrice; cher lecteur de ce site;

Ce site vient de passer ses 7 ans d’existence et c’est la première fois que je m’adresse directement à vous, en dehors des réponses aux commentaires.

Il était opportun que ce site s’installe dans la durée, étant donné son thème difficile et l’exigence de pensée qu’il cherche à conduire.

Aussi, je suis heureux de vous annoncer que mon dernier essai « Phénoménologie de la chambre à gaz » paraît, demain, 8 octobre, aux Editions Age d’Homme.

Le livre prétend à l’universel et s’adresse à tous. Sa lecture a été jugée accessible, si j’en crois les retours des lecteurs non-philosophes.

Ainsi, puissiez-vous, selon une des plus belles formules d’Emmanuel Levinas, sortir ce texte de son malheur de livre… dont le but est d’inscrire la méthode phénoménologique dans ce qui n’apparaît pas dans l’histoire de la destruction des Juifs d’Europe, mais qui demeure, présent, tapi dans l’obscénité d’un objet qui interdit le plus souvent la pensée: la chambre à gaz.

Osez penser avec lui, contre lui, mais osez penser… y compris dans la question de ce que l’homme peut faire à l’homme, dans une humanité effondrée, selon l’expression de Husserl.

L’annonce de ce travail a d’emblée dérangé, ce qui peut se comprendre, vu son thème. D’aucuns, philosophes, ont cherché à coller une étiquette heideggérienne à ce travail (Heidegger est celui qui intègre le nazisme en philosophie) pour mieux le discréditer a priori alors qu’ils n’avaient pas lu l’essai.

J’aimerais dire quelques mots sur ce point. L’accusation est facile. Sous prétexte que Martin Heidegger a pensé l’essence de la technique (la nature de la technique pour les non-philosophes) et que je reprends le projet à partir d’un principe inédit, je suis heideggérien. Syllogisme bien paresseux et procès d’intention.

Depuis la publication des Cahiers noirs, ma position sur Heidegger est claire et précise, sans compromis: lire Heidegger ne se peut désormais qu’à nouveau frais, en vertu d’une double impossibilité: impossibilité de contester son antisémitisme, son nazisme comme moment à part entière de sa philosophie; impossibilité, n’en déplaise à certains, qui, le plus souvent, ne l’ont pas lu, de contester l’ampleur de sa pensée. On doit penser contre ou avec Heidegger, ce qui implique un rapport nécessaire au texte, mais ce rapport et cette lecture ne signifient jamais penser comme Heidegger. Il ne faut pas glisser la question du texte sur un autre terrain que celui de la philosophie, celui de la pensée.

A bientôt pour l’annonce des prochaines conférences, entre autres, autour du livre, sur Caen, sur Paris, etc…

Merci d’être ce que vous êtes.

Bien Amicalement.

 

 

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Publié par

Didier Durmarque

Didier Durmarque est professeur de philosophie en Normandie. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont la plupart sont des approches de la question de la Shoah. Moins que rien (2006), La Liseuse (2012) étaient des approches littéraires et romanesques de la question du néant, de l’identité et de la culture à partir de la Shoah. Philosophie de la Shoah (2014) Enseigner la Shoah: ce que la Shoah enseigne (2016) et Phénoménologie de la chambre à gaz (2018) constituent une tentative de faire de la Shoah un principe de la philosophie.

3 réflexions au sujet de « La chambre à gaz et l’humanité effondrée »

  1. Je comprends tout à fait ce que tu expliques sur Heidegger et sur ce paradoxe certes encombrant, mais qui ne doit pas surtout pas laisser occulter le champ de sa pensée philosophique riche et dense. Tu es sans équivoque à ce sujet, mon cher Didier. Lorsqu’on connaît les valeurs humanistes qui sont les tiennes, adossée à la si belle élégance morale qui te caractérise, on serait bien mal avisé de te condamner, voire de te prêter des intentions perfides, toi qui es si sain, entier, gentil, généreux, sincère et bon !

  2. Je ne comprends pas ce qu’est une phénoménologie de la shoah mot que je n’utilIse pas je ne vois pas pourquoi cet te façon de tuer des humains est tellement fascinante d’ailleurs les juifs étaient tués de plusieurs façons par l’épuisement la faim la maladie et par balles la chambre à gaz ou plus généralement le gaz à ete utilise contre d’autres personnes …Etous d’autres « indésirables » ont été assassinées de cette façon. Une méthode utilisee contre les « nuisibles »

    1. Bonjour,

      Je vous invite à lire cette phénoménologie de la chambre à gaz pour répondre à vos questions. Aucune fascination, ici, mais une volonté de penser ce qui se joue de la question de la technique à partir de l’industrialisation du massacre des Juifs d’Europe. Bien cordialement.

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