Sans oublier les enfants! (II)

Deux mille petits enfants juifs des deux zones, âgés de 2 à 12 ans, arrachés à leur parents, viennent d’être envoyés vers l’Est, pour une « destination inconnue ». Des trains interminables de wagons plombés les menaient à la torture, à la mort. Les cris déchirants des innocentes victimes, couvrant le bruit des roues, semaient l’épouvante et l’horreur tout le long de la route. Aux arrêts des trains, de pauvres voix d’enfants martyrisés imploraient à boire. Mais les tortionnaires allemands chassaient à coups de crosse quiconque voulait approcher des wagons.

 

 

MERES FRANCAISES!

 

PERES FRANCAIS!

 

 

Lorsque vous embrassez votre enfant, le soir, dans son lit, avant son sommeil heureux; quand le matin, vous cueillez le premier sourire de votre enfant réveillé, songez à ces trains infernaux où, entassés comme un troupeau mené à l’abattoir, deux mille enfants juifs, seuls, abandonnés à leur angoisse mortelle, criaient de terreur et de soif. Y a-t-il au monde, y a-t-il dans toute l’histoire moderne chose plus atroce, plus inhumaine, plus barbare que ce supplice d’enfants innocents? Que toute la honte, que tout l’opprobre, que le mépris le plus profond, retombent sur les lâches assassins hitlériens, sur les ignobles bandits, sur les vils tueurs d’enfants et sur leurs complices de Vichy! Ces enfants, tout comme les vôtres, avaient leurs mamans et leurs papas, prêts à les défendre. Mais ils furent arrachés sans pitié, avec une sauvagerie bestiale.

Dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, des mères juives défendaient leurs petits avec toute la furie d’un désespoir atroce. Plus d’une perdit la raison; plus d’une se donna la mort! Plusieurs furent laissées inanimées, ensanglantées! Et c’est ainsi que; témoins horrifiés du supplice de leurs mamans, deux mille petits enfants, dont on devait ensuite anéantir tous les papiers d’identité, purent être sacrifiés à la vengeance, à la folie sanguinaire des bandes nazies.

 

Tract distribué à Paris, en septembre 1942, par le Mouvement national contre le racisme. 

Eric Conan, opus cité, p .194.195.

 

Publié par

Didier Durmarque

Didier Durmarque est professeur de philosophie en Normandie. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont la plupart sont des approches de la question de la Shoah. Moins que rien (2006), La Liseuse (2012) étaient des approches littéraires et romanesques de la question du néant, de l’identité et de la culture à partir de la Shoah. Philosophie de la Shoah (2014) Enseigner la Shoah: ce que la Shoah enseigne (2016) et Phénoménologie de la chambre à gaz (2018) constituent une tentative de faire de la Shoah un principe de la philosophie.

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