LA LISEUSE (projet de quatrième de couverture)

« J’affirme haut et fort avec les prérogatives qui me sont dues en tant que témoin, que La Liseuse naquit de toutes les cendres de la Shoah, puis des autres génocides. C’est la raison pour laquelle La Liseuse est une citoyenne du monde.

L’annonciation eut lieu à la première échographie. Le docteur Frank faillit d’ailleurs en avoir une attaque. Il feignit d’abord de s’étouffer, puis sortit brusquement de son bureau, avant de réapparaître aussi livide que sa blouse (…)

Elle était bien là, identique à elle-même, unique, reconnaissable entre toute parce qu’elle lisait un livre baignant dans le liquide amniotique. »

L’histoire d’une femme qui entre chez les gens par effraction pour leur lire des livres : folie, effet de mode, acte désespéré, suicide social déguisé, subversion arbitraire, nouvelle forme de culte ? A qui a-t-on affaire ? Se prend-elle pour une pseudo révolutionnaire d’une contre-culture ?  Certains parlent d’une nouvelle forme de messianisme. D’autres d’une religion qui ne serait plus basée sur la croyance, mais sur la relation. Les plus illuminés évoquent une espèce de théâtre délictueux et nocturne qui produit de la vie, de l’imprévu, du sens. Va-t-elle finir par entrer chez vous, en vous ?

Didier Durmarque garde cette exigence de penser le sens et le non-sens à partir d’Auschwitz. Tandis que Moins que Rien (2006) pensait la question du sens et du néant à partir de l’existence, La Liseuse cherche à le cultiver à partir de la culture, et plus précisément à partir de cet objet étrange, qui ne vaut rien par ce qu’il est matériellement, mais tend à la richesse intemporelle par son contenu spirituel : le livre.

Publié par

Didier Durmarque

Didier Durmarque est professeur de philosophie en Normandie. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont la plupart sont des approches de la question de la Shoah. Moins que rien (2006), La Liseuse (2012) étaient des approches littéraires et romanesques de la question du néant, de l’identité et de la culture à partir de la Shoah. Philosophie de la Shoah (2014) Enseigner la Shoah: ce que la Shoah enseigne (2016) et Phénoménologie de la chambre à gaz (2018) constituent une tentative de faire de la Shoah un principe de la philosophie.

Une réflexion sur « LA LISEUSE (projet de quatrième de couverture) »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.